Gilles Chehade
Gilles Chehade
foobarbaz-ing since 1981

May 17, 2021 30 min read

Mind hacking: comprendre comment fonctionne notre esprit

TL;DR: J'explique superficiellement comment fonctionne notre esprit, en partant du corps, puis de notre sens de la réalité, avant de finir par les états de conscience et personnalités. Je plonge brièvement dans les rêves et l'hypnose, préparant le terrain pour un article à venir.

Avertissement

Mon intérêt pour les rêves lucides a débuté aux alentours de 2013, j’ai étudié seul puis suivi différentes formations de différent type d’hypnose entre 2015 et 2020, et je pratique l’hypnose en cabinet depuis 2016 jusqu’à maintenant. Sans lien avec cette activité, j’étudie la psychologie du travail depuis 2016 et ai, dans ce cadre, suivi des cours d’introduction à la psychologie clinique et à la psychologie cognitive.

Je ne suis ni psychologue, ni psychiatre, ni un chat, alors prenez cet article avec le recul adéquat.

À propos de cet article

Cet article est une traduction de mon article Mind hacking: understanding how our mind works publié sur ce blog

Je tente d’expliquer, d’un point de vue macroscopique, ma compréhension de comment fonctionne l’esprit, en me basant sur ce que j’ai étudié, ainsi que mes observations et expériences personnelles au travers du rêve lucide et de l’hypnose.

Cet article ne contient pas de nouvelles idées révolutionnaires, vous y reconnaîtrez peut être quelques éléments des travaux de Charcot, Janet, Breuer et même Freud, même si la façon dont je les présente peut varier car je n’adhère pas nécessairement à tout et adapte donc à MA compréhension.

Il s’agit d’une vulgarisation qui prends des raccourcis volontaires pour véhiculer les idées principales le plus simplement, il ne s’agit absolument pas d’une explication exhaustive et chaque concept pourrait être détaillé sur des pages entières. Je serais ravi de développer dans les commentaires ou des articles suivants.

En résumé: ne partez pas du principe que cet article s’applique tel quel à tous, particulièrement aux personnes avec des troubles qui affectent leur sens de la réalité ou leur/s personnalité/s, il ne s’agit pas d’une description exacte de comment l’esprit fonctionne pour tous.

Nous sommes des ordinateurs biologiques

Nous sommes des ordinateurs biologiques qui résultent des spécifications combinées de deux autres ordinateurs biologiques. Ces spécifications déterminent comment nous sommes construits, à quoi nous ressemblons, quelles sont nos aptitudes et nos limites, mais pas comment nous traitons le monde, pas comment fonctionne notre système.

Nous nous interfaçons avec le monde au travers de nombreux capteurs, appelés récepteurs, répartis dans nos yeux, oreilles, langue, nez et sous notre peau pour capturer des signaux visuels, auditifs, gustatifs, olfactifs et kinesthésiques qui sont ensuite interprétés et nous permettent de voir, entendre, goûter, sentir et toucher les éléments de notre environnement. Ces récepteurs forment notre appareil sensoriel, ce que nous appelons nos sens.

Ces récepteurs font partie de ce que des développeurs pourraient considérer comme notre API. Ils sont les seules interfaces qui permettent de percevoir des signaux d’entrée depuis notre environnement, permettant à notre système de les traduire en sensations et d’encoder des souvenirs. Sans récepteurs, aucun signal n’entrerai dans notre système, nous vivrions alors une vie très terne de néant absolu. Par chance, nous avons des récepteurs dans nos yeux pour voir une tablette de chocolat blanc sur la table, sur nos mains pour sentir son contact lorsque nous l’attrapons, dans notre nez et notre langue pour sentir son odeur et son goût, et dans nos oreilles pour entendre quelqu’un demander où est passée la tablette. Oups.

Parce que nos sens sont notre seul interface d’entrée, tout ce que nous savons de notre environnement provient de nos récepteurs. Notre connaissance n’est pas apparue en nous, elle a été insérée au travers de nos sens, soit parce qu’un autre ordinateur biologique nous as transmis des signaux pour partager l’information, soit parce que nous avons interagis avec notre environnement et reçus des signaux en retour.

La plupart des signaux sont ignorés, sauf si l’on y prête attention, parce qu’ils sont sans importances pour nos activités courantes, comme c’est le cas pour le bruit d’une horloge que l’on entends mais oublie comme si elle n’était plus là… alors qu’elle l’est toujours. Beaucoup de signaux sont traités à un bas-niveau inconscient et enregistrés pour un usage ultérieur, comme la pensée passée d’une tablette de chocolat blanc dont on a un peu envie là maintenant. Quelques signaux sont traités et rendus disponibles immédiatement à notre conscience pour que nous puissions agir dessus, comme ce texte surlignée qui attire immédiatement notre attention.

Ces récepteurs sont ce qui nous aide à déveloper et customiser notre système. Ils nous rendent disponible de l’information concernant notre réalité, ce qui change la façon dont on traite notre environnement et interprète de nouveaux signaux. Notre système construit une compréhension du monde au travers d’une boucle de rétroaction sensorielle.

La réalité

Il peut sembler étrange de discuter du concept de réalité dans un article sur le fonctionnement de notre esprit mais ce n’est pas le cas. Nous vivons dans une réalité et tout ce nous faisons lui est relative: on y vient à la vie, on en apprend les règles au travers d’essais et d’erreurs, puis on dévelope des pensées et des comportements qui nous semblent y être adaptés. On ne peut pas commencer à comprendre comment notre esprit fonctionne sans comprendre comment il est perçoit la réalité… parce que la façon dont fonctionne notre esprit est dérivé de cette perception.

Quand on pense à la réalité, on pense généralement a une réalité unique, LA réalité, et on sépare ensuite le monde en deux: d’un côté se trouve ceux qui partagent la même réalité et que l’on considère sains, et de l’autre se trouve ceux qui ne la partagent pas et qui sont fous. Si quelqu’un nous confie voir des cochons volants au dessus de nos têtes et qu’on ne les voit pas en levant les yeux, on reconnaît que sa perception de la réalité est inexacte parce que les cochons volants ne sont pas là. On s’attend à ce que les personnes autour de nous fassent l’expérience de la réalité de la même manière que nous parce que, s’il n’y a que LA réalité, alors il ne peut pas y avoir deux évènements contradictoires qui surviennent simultanément.

Mais ce n’est pas si simple.

Nous avons tous des aperçus différents de la réalité, et en développons un sens très personnel basé sur nos perceptions, même si elle est en grande partie partagée avec les autres être vivants. Nous pouvons vivre dans la même réalité, mais la mienne reste différente de celle d’une personne daltonienne dont les signaux visuels sont traduits différemment, ou d’une personne aveugle dont les signaux visuels sont absents. Nous pouvons vivre dans la même réalité mais en avoir une expérience différente… parce que la réalité a de multiples dimensions.

La réalité objective

La réalité dans laquelle nous existons est la réalité objective, factuelle et contrainte par les lois de la physique, où les choses existent et se déroulent même si nous n’en avons pas conscience. Il s’agit de LA réalité dont la plupart d’entre nous pense faire l’expérience, une réalité unique qui est la même pour tous. Elle comprends tout ce qui a été par le passé, tout ce qui est dans le présent et tout ce qui sera dans le futur.

Tout ce qui existe dans l’univers, depuis chaque étoile dans chaque galaxie jusqu’à chaque grain de sable sur notre planète, fait partie de la réalité objective et existe que l’ont en ai connaissance ou non, et que nous puissions interagir avec ou non. Tous les évènements qui surviennent, n’importe où dans l’univers, font partie de cette réalité objective que l’on puisse les observer ou non. Ils existent et surviennent factuellement, que l’on le sache ou non.

Dans la réalité objective, si je vous dit que j’ai un jour mangé 1kg de chocolat blanc, cela n’a pas d’importance que vous me croyez ou non, il y a une vérité factuelle: c’est arrivé ou ce n’est pas arrivé. Si l’on est en désaccord, alors l’un de nous à tort. Il n’y a pas d’espace pour le débat dans cette réalité.

Les signaux que perçoivent nos sens de notre environnement trouvent leur origine dans cette réalité objective, ils sont factuels et n’embarquent pas de signification subjective. Dans la réalité objective, le chocolat blanc a une odeur qui peut être perçue par nos récepteurs, mais cette odeur n’est ni plaisante, ni déplaisante, elle n’existe qu’en tant que signal qui peut être traduit et interprété par quelqu’un.

La réalité subjective

La réalité objective est infinie et complexe, et nous n’en sommes exposés qu’à une portion infinitésimale, ce qui nous empêche d’en faire l’expérience telle qu’elle est réellement. À sa place, nous faisons l’expérience d’une version dégradée qui ne contient que ce à quoi nous sommes exposés, et ce que nos sens parviennent à y percevoir… une version différente pour tous.

C’est la réalité subjective, une représentation interne de la réalité objective qui est affectée par nos perceptions, et qui tente de remplir les trous des informations manquantes par des interprétations, des suppositions et l’extrapolation d’expériences passées. Elle est subjective parce qu’elle diffère d’une personne à une autre, ce n’est pas une réalité factuelle.

Si je vous disais que j’ai mangé 1kg de chocolat blanc, peut être me croiriez vous parce que vous l’avez aussi fait une fois, et peut être quelqu’un d’autre ne me croirais pas parce que ça semble beaucoup. Dans la réalité objective, je l’ai fait ou non, mais il y a deux réalités subjectives pour deux personnes différentes: une où je l’ai fait et une ou je ne l’ai pas fait. Dans chacune de ces réalités existe une version différente de moi, une qui dit la vérité et une qui ment, ce qui entraîne un traitement différent de l’information quand elle provient de moi et selon qui la reçoit. Des personnes peuvent vivre dans la même réalité objective et la voir de façon conflictuelle.

Ça ne veut pas dire que tout le monde a une réalité radicalement différente, nous vivons dans LA réalité objective où les lois de la physique s’appliquent, nous recevons les mêmes signaux. Si l’on regarde la même série, nous verrons les mêmes images et nous entendrons les mêmes dialogues, nous aurons peut être des différences parce que l’on prête plus ou moins attention aux mêmes détails, que les signaux auront été traduits un peu différemment ou même qu’une partie des signaux sera inaccessibles à l’un ou l’autre, mais nous aurons à peu près la même expérience. Les divergences apparaissent lors qu’il manque de l’information et que l’on est forcé de remplir les trous avec des interprétations, des suppositions et des extrapolations, plutôt qu’avec nos perceptions.

Au long de cet article, lorsque j’utilise le terme réalité sans plus de précisions, alors c’est de la réalité subjective dont je parle car c’est d’elle dont nous parlons en général.

Les réalités alternatives

Bien que les réalités peuvent varier d’une personne à une autre, on peut avoir des attentes raisonnables concernant les réalités des autres parce que nous partageons la réalité objective et sommes soumis à ses règles.

Si une autre personne et vous me regardiez jeter une pierre, je peux m’attendre à ce que vous ayez tous les deux vus la pierre tomber et non disparaître en l’air, flotter au dessus de ma tête ou décoller vers la Lune. Peut être n’avez-vous pas vu tous les détails, peut être vous pensez m’avoir vu jeter une canette et l’autre personne m’a vu jeter une pièce. Vous pouvez être en désaccord sur les détails mais, si vous avez observé le même évènement, vous devriez avoir vu plus ou moins la même chose car vous ne faites qu’interpréter, et non transformer, la réalité objective. Si ce n’était pas le cas, l’industrie du pari s’effondrerait.

Une réalité alternative est une réalité qui est incompatible avec la réalité objective et, par extension, la réalité de la plupart des personnes. Si quelqu’un perçoit réellement des images d’une pierre en train de léviter lors de mon jet, alors sa réalité serait incompatible avec la réalité objective car elle défierai les lois de la physique, mais aussi avec celle des autres personnes qui ont tous vu quelque chose tomber.

Les réalités alternatives ont leurs origines dans les autres dimensions de la physique quan… euh, non, ça c’est le pilote de Sliders.

Une réalité alternative c’est si quelqu’un me dit qu’elle est Cléopatre, souveraine du Royaume d’Égypte, et que nous sommes actuellement assis au bord du Nile en l’an -40 avant JC (passons sur l’anachronisme). On peut être en désaccord sur le fait qu’elle soit Cléopatre, souveraine du Royaume d’Égypte, mais il y a de multiples incompatibilités entre nos réalités qui les rendent impossible à coéxister dans la réalité objective: soit nous sommes en -40, soit en 2021, ça ne peut pas être les deux; soit nous sommes en France, soit en Égypte, ça ne peut pas être les deux. Au moins l’une de nos réalité est incompatible avec la réalité objective et est, de facto, une réalité alternative. Pour chacun de nous, notre réalité subjective est celle qui est construite sur la réalité objective, c’est l’autre qui vit une réalité alternative.

Ça peut aussi être plus subtile que la caricature du dessus. Les conspirationnistes, tels que les Platistes ou une partie des anti-vax, ont des réalités compatibles avec la réalité objective… sauf dans les parties qui tournent autour de la conspiration. C’est seulement lorsque ces sujets sont évoqués que les conflits et incompatibilités émergent, les contraignants à travailler dur pour préserver leurs réalités et empêcher qu’elles ne s’effondrent.

Les réalités alternatives ne sont pas que l’expérience d’une pathologie, nous en faisons tous l’expérience fréquemment.

Tous les jours, nous allons nous coucher et notre personnage onirique plonge dans des réalités alternatives rêvées, qui n’ont aucun lien avec la réalité objective. Elles peuvent être très similaires ou différentes, réalistes ou étranges, mais du point de vue de notre esprit, ce sont des réalités alternatives qui remplacent notre réalité jusqu’à ce que l’on soit de nouveau conscient lors de notre réveil.

C’est également ce qui arrive aux personnes en état de transe somnambulique en hypnose, qui hallucinent des objets et se comportent comme s’ils étaient quelqu’un d’autre. Ils sont entraînés à remplacer leur réalité par une réalité alternative, similaire à un monde onirique, jusqu’à être réveillés de l’état d’hypnose. Du point de vue de leur esprit, ils sont dans une réalité alternative le temps de l’expérience.

Ce qui différencie les rêveurs et les hypnotisés de la pathologie est que leur réalité alternative ne persiste pas. Lorsque l’on se réveille de nos rêves ou de nos états d’hypnose, on reconnaît la réalité alternative comme telle et on se reconnecte à notre réalité, elle ne persiste pas en tant que réalité subjective.

L’état de conscience ordinaire (ECO)

Tous les jours, nous nous réveillons et commençons à reprendre contact avec notre réalité.

En nous y reconnectant, nous entrons dans notre état de conscience ordinaire (ECO), un état dans lequel nous sommes conscients de l’environnement et capable d’interagir avec lui de manière compréhensible. l’ECO est un état dans lequel on se sent… normal, ou du moins familier. C’est l’état dans lequel nous fonctionnons le plus souvent pour interagir avec l’environnement, celui dans lequel nous passons le plus de temps lors que nous sommes éveillés.

Certaines personnes n’aiment pas cette notion d’ECO qui semble impliquer que nous serions la même personne tous les jours, mais c’est une façon inexacte de comprendre les choses. l’ECO n’est pas un état statique, c’est un état dynamique qui englobe plusieurs niveaux de conscience depuis la fatigue jusqu’à une grande activité, c’est juste un état dans lequel notre conscience de l’environnement prends la plupart de notre espace mental. On est éveillé, conscient et alerte.

Un ECO implique qu’il y a au moins un état non ordinaire de conscience… mais il y a en réalité plusieurs états de conscience modifiée.

Les états de conscience modifiée (ECM)

Lors que l’on mentionne les états de conscience modifiée (ECM), de nombreuses personnes pensent que l’on bascule dans le domaine des théories hippies new-age, mais nous entrons tous dans des ECM observables et reconnaissables tous les jours.

Un ECM est simplement un état qui n’est pas notre ECO, rien de plus et rien de moins: pas de chakras, de forces énergétiques, rien d’autre.

Certains de ces états sont déclenchés volontairement par nos actions, comme se saouler en absorbant de l’alcool ou se défoncer en consommant des drogues. L’expression “sous influence” implique elle même que notre état de conscience est altéré, les actions faites “sous influence” ne sont pas celles de quelqu’un en ECO.

Les ECM peuvent aussi déclenchés par des évènements qui provoquent une courte sortie de notre normalité, comme par exemple lorsque l’on entre en état de choc après avoir été impliqué dans un accident, ou que l’on est euphorique après avoir accompli quelque chose d’extraordinaire. Ces évènements nous font temporairement basculer dans un ECM plus ou moins éloigné de notre ECO.

Plus fréquent que d’être saoul ou dans un état de choc, le rythme circadien de la vigilance déclenche un ECM en moyenne toutes les 90 minutes, provoquant une légère perte de conscience de l’environnement et une absorption dans les pensées, alors que le rythme circadien de la veille-sommeil déclenche plusieurs ECM, environ toutes les 24 heures, quand nous nous endormons.

La plupart de ces états sont mesurables et observables, soit par des mesures EEG, soit par des changements physiologiques visibles. Par exemple, personne ne peut nier que les ECM liés au cycle du sommeil sont similaires à l’ECO, ils présentent des différences aussi bien dans les mesures EEG que dans les changements physiologiques visibles.

La personnalité principale

Depuis notre plus jeune âge, nous touchons à tout et observons les conséquences de nos actions, on nous dit de faire des choses et de ne pas en faire d’autres, on obéit et on désobéit, on réussit, on rate, on se fait mal, on aime, on déteste, on ressent des choses plaisantes et déplaisantes, et tout ça affecte la manière dont on fait face à des situations similaires et celle dont on approche les nouvelles.

Ces expériences sont internalisées et deviennent partie de notre identité, on construit un personnalité dont les traits en sont hérités, une personnalité qui est celle associée à notre ECO, notre personnalité principale. Il s’agit de celle qui nous décrit, et même si l’on feint certains de ses aspects lorsque l’on fait face à d’autres personnes, cette feinte fait partie de ses traits: on sait lorsque l’on fait semblant d’être quelqu’un d’autre.

Cette personnalité principale est ce qui nous caractérise, ce qui nous décrit en tant que personne si l’on exclue les traits physiques. On peut être timides ou extravertis, joyeux, pessimistes, aventuriers ou anxieux. Elle dirige nos décisions et nos actions, et les personnes qui la connaissent peuvent inférer certains de nos comportements de par leur alignement avec notre personnalité. Si vous connaissez ma personnalité et reconnaissez une angoisse générale, vous inférerez probablement qu’il y a peu de chances que je prenne une décision impulsive sans la réfléchir.

Cette personnalité principale est ce qui rends notre réalité subjective: les interprétations de notre réalité sont influencées par notre personnalité. C’est parce qu’elle a certains traits que l’on interprète les évènements d’une certaine façon, que l’on fait peu attention à certains détails et beaucoup plus à d’autres.

Les personnalités alternatives (ou secondaires)

Parmi toutes les expériences de la réalité, certaines sont intégrées dans notre personnalité principale et d’autres ne le sont pas. Des fois, elles ne sont pas importantes pour nous ou nous n’en n’avons pas conscience, ou des fois elles sont incompatibles avec notre réalité et risqueraient sa stabilité, alors elles sont niées et refoulées consciemment ou non. Dans tous les cas, nous en faisons l’expérience, accumulons et enregistrons des informations, mais nous ne les intégrons pas dans notre personnalité principale.

Dans les ECM, lorsque l’on rêve ou que l’on est sous hypnose, des personnalités alternatives inconscientes peuvent être créées et prendre en compte ces informations. Elles ne mettent pas en péril notre réalité ou notre personnalité principale, nous sommes temporairement dans une réalité alternative, un endroit sûr où le pire qui puisse arriver est que l’on se réveille en réalisant que ce que l’on vient de vivre n’était pas réel.

Notre inconscient peut se servir de ces personnalités pour organiser, classifier ou même supporter des informations qui ne peuvent pas être intégrées à notre personnalité principale. Cependant, parce qu’elles ont accès à des informations inhabituelles, les personnalités alternatives peuvent avoir des traits et des comportements amusants, étranges ou erratiques… des fois tout à fait plausibles mais souvent très différents de notre personnalité principale. Le personnage qui nous incarne dans les rêves ou dans notre corps hypnotisé n’est pas notre personnalité principale, c’est pour ça que lorsque l’on regarde comment il s’est comporté, c’est comme s’il avait été contrôlé par quelqu’un d’autre et que nous étions spectateurs.

À moins de souffrir d’un trouble de la personnalité, ces personnalités alternative subconscientes ne partagent généralement pas l’existence de notre personnalité principale. Elles apparaissent dans un rêve ou sous hypnose, lorsque l’on est dans un ECM et que notre personnalité principale s’en va avec notre conscience, puis disparaissent lorsque l’on se réveille et que l’on entre de nouveau dans notre ECO avec notre personnalité principale.

Les phases du sommeil

De tous les ECM, les phases du cycle du sommeil sont particulièrement intéressants parce que vécus par tous, tous les jours, et donc nous pouvons tous nous y reconnaître. Personne ne peut douter que l’on s’endort, ou qu’une fois endormi on ne se trouve plus dans le même état que lorsque l’on est éveillé. C’est un ensemble d’ECM que tout le monde partage, indiscutablement.

Je ne vais pas m’étendre en profondeur sur les phases du sommeil, elles sont déjà très largement documentées, mais je vais expliquer brièvement leur relation aux ECM.

L’endormissement

Tout d’abord, le rythme circadien de la veille-sommeil nous envoie le signal que l’on a besoin de dormir environ toutes les 24h.

Lors de l’endormissement, on perds progressivement conscience de notre environnement et on débute une transition vers un ECM. A ce stade, nous ne sommes pas complètement détachés de l’environnement, nous perdons juste connaissance.

C’est un ECM parce que nous perdons conscience de l’environnement, et que cette conscience est précisément ce qui définit un ECO.

Sommeil lent léger

Ensuite, durant la phase de sommeil lent léger, on bascule vers un ECM différent dans lequel nous avons perdu connaissance et sommes détachés de l’environnement, mais toujours sujets à certaines perceptions qui peuvent facilement nous ramener à l’éveil, comme le bruit, les changements lumineux ou quelqu’un qui nous touche.

C’est un ECM différent parce qu’il y a des changements visibles de la physiologiques, et que l’on peut mesurer des ondes cérébrales spécifiques à cette phase.

Sommeil lent profond

Plus tard, durant la phase de sommeil lent profond, on bascule de nouveau vers un ECM différent dans lequel nous avons non seulement perdu connaissance et sommes détachés de l’environnement, mais également de la plupart des perceptions, ce qui demande des signaux insistants de l’environnement pour nous y ramener.

C’est là encore un ECM différent avec ses propres changements physiologiques, et ses ondes cérébrales spécifiques.

Sommeil paradoxal ou sommeil REM (rapid eye-movements)

Enfin, durant la phase de sommeil paradoxal, on bascule vers un nouvel ECM dans lequel nous sommes inconscients et détachés de l’environnement, comme dans une phase de sommeil lent profond, mais où une version alternative de nous est projetée dans la réalité alternative d’un monde onirique.

Cette phase est qualifiée de paradoxale parce qu’elle possède des caractéristiques d’un état d’éveil superposées à celles d’un état de sommeil. Les ondes cérébrales montrent l’activité d’un cerveau à l’éveil, et s’il n’y avait pas de paralysie musculaire, notre corps mimerait les actions du rêve comme c’est observé chez les personnes souffrant de troubles du sommeil affectant la paralysie.

Nous sommes en apparence éveillés et endormis simultanément.

Pourquoi les phases du sommeil sont intéressantes ?

D’abord, la phase de sommeil paradoxal est quelque chose dont nous faisons tous l’expérience, et elle expose toutes les notions présentées dans cet article. Durant cette phase, nous faisons l’expérience d’un ECM qui remplace notre ECO, de réalités alternatives qui remplacent notre réalité, et de personnalités alternatives qui remplacent notre personnalité principale.

Approcher la compréhension de notre esprit par le sommeil paradoxal est le chemin de la moindre résistance, les concepts peuvent être expliqués sans se baser sur des théories difficiles à comprendre mais en pointant du doigt ce que les gens connaissent déjà, tout le monde sait comment fonctionne un rêve même s’ils ne se rappellent pas des leurs.

Ensuite, ils partagent ÉNORMÉMENT de similarités avec les états hypnotiques que je décris dans la section suivante, tellement en fait que l’on pourrait dire que ce sont essentiellement les mêmes états déclenchés par des chemins différents.

C’est important parce que la porte la plus efficace vers le subconscient est l’hypnose, et lorsque l’on comprends qu’elle fonctionne au travers de mécanismes similaires au sommeil, on comprends également que ne pas être réceptif à l’hypnose est aussi dénué de sens que de ne pas être réceptif au sommeil. La résistance à l’hypnose n’est pas une question de réceptivité mais trouve sa cause ailleurs.

Les états hypnotiques (transes)

Les états hypnotiques sont des ECM qui sont entre l’ECO, lorsque l’on est conscient, et l’état de sommeil, lorsque l’on a perdu connaissance. Ils impliquent que notre niveau de conscience est réduit par rapport à notre ECO. Il y a trois catégories d’états hypnotiques, ou du moins trois qui soient significativement différents et observables, chacun ayant ses propres caractéristiques et ses changements physiologiques.

La transe commune de la vie quotidienne (ou rêverie)

Nous sommes dans une transe commune, ou rêverie, lorsque l’on se déconnecte temporairement de notre réalité pour entrer dans une réalité alternative intérieure. C’est ce qu’il se produit lorsque l’on réalise que l’on a tourné plusieurs pages d’un livre sans les lire… parce que l’on était absorbés dans nos pensées sans lien avec notre environnement et ce que nous étions en train de faire. C’est une transe très légère qui survient naturellement de par le rythme circadien de la vigilance.

Lorsque l’on est en rêverie, nous sommes un peu plus suggestibles parce que nous continuons à percevoir les signaux de la réalité, mais notre conscience est ailleurs et ne fait pas son filtrage habituel. Ça ne veut pas dire que toutes les suggestions sont acceptées, mais qu’il y a moins de résistance à certaines suggestions qui seraient autrement rejetées. Elles peuvent être enregistrées et affecter nos décisions et pensées ultérieures.

Si j’entends une publicité pour acheter des barres de chocolat pendant que je suis en rêverie, je suis plus suggestible à cette idée que si je prête attention et ai conscience que l’on tente de m’en faire acheter. Ce petit surcroît de suggestibilité peut jouer un rôle dans ma décision plus tard, et peut être me faire basculer vers l’achat si je n’était pas opposé à l’idée, même si je n’en avait pas l’intention à l’origine.

La transe stuporeuse

Dans une transe stuporeuse, nous sommes progressivement déconnectés de la réalité, de manière très similaire aux phases de sommeil lent léger et profond. Nous passons par les même changements physiologiques, aussi bien au niveau de la respiration que du rythme cardiaque.

Dans une transe stuporeuse légère, nous sommes relaxés et nous faisons moins attention à l’environnement, nous détachant progressivement de la réalité mais restant capable de se reconnecter rapidement si les sens sont stimulés.

Alors que la transe s’approfondit, nous nous détachons de plus en plus et perdons l’intérêt pour la réalité pour être absorbés par la réalité alternative intérieure. Cette perte d’intérêt inclue ce qui peut arriver au corps physique, on ne se soucie plus de l’inconfort, les signaux de douleur n’arrivent pas jusqu’à la réalité alternative intérieure, c’est pourquoi les techniques de gestions de la douleur emploient souvent une transe stuporeuse poussant à imaginer un lieu sûr où l’on se sentirait bien.

La transe peut s’approfondir jusqu’au sommeil ou coma hypnotique, un état dans lequel nous perdons temporairement tout intérêt pour la réalité, complètement absorbés dans notre réalité alternative intérieure.

Lorsque l’on lit ou entends parler de chirurgie sous hypnose, de dentistes utilisant l’hypnose, ou encore lorsque l’on voit un hypnotiseur endormir quelqu’un dans un spectacle, il s’agit de cette transe approfondie à différents degrés.

La transe somnambulique

La transe somnambulique ressemble au sommeil paradoxal. On y glisse vers une réalité alternative où des pieds peuvent être collés au sol d’un claquement de doigts, où des choses peuvent apparaître spontanément depuis nulle part, ou encore où notre inconscient peut être invoqué pour prendre le contrôle de notre corps comme s’il ne s’agissait plus du notre. C’est similaire à un rêve éveillé où les choses surviennent et on les accepte sans se poser de question, notre réalité alternative intérieure remplace simplement notre réalité.

Dans une transe somnambulique légère, la personnalité principale partage l’espace mental avec une personnalité alternative. Elle accepte qu’il peut y avoir deux personnalités dans le corps, elle-même et une personnalité alternative que l’on personnifie souvent en “l’inconscient”, et qu’elles peuvent toutes deux avoir un degré de contrôle.

Alors que la transe somnambulique s’intensifie, la personnalité alternative prends de plus en plus de contrôle, jusqu’à avoir l’ascendant sur la personnalité principale, et finalement prendre le contrôle complet du corps en provoquant la disparition temporaire de la personnalité principale.

C’est ce qui arrive lorsque l’on voit un hypnotiseur dire à quelqu’un de faire des choses surréalistes, que la personne s’exécute, avant de revenir à elle sans se souvenir de ce qu’elle a fait. La personnalité principale était ailleurs, une personnalité alternative inconsciente à fait les choses à sa place, et c’est pourquoi elle ne s’en rappelle pas.

Le rêve

Le rêve est une fonction essentielle qui aide à la gestion des émotions et du stress, mais aussi à la mémorisation et la catégorisation des souvenirs, comme ce fut démontré lors d’expériences de privation du sommeil paradoxal. Tout le monde rêve, que l’on s’en rappelle ou non, parce que les rêves sont le produit de ces activités que nous traversons quotidiennement.

Freud voyait le rêve comme une psychose sans danger, a harmless dream psychosis, qui nous soustrait du monde extérieur temporairement puis disparaît. Et si je ne suis pas un grand fan de tout son travail, c’est une façon très logique de comprendre les rêves à la lumière de ce que j’ai écrit:

Durant le rêve, une personnalité alternative prends le contrôle de notre espace mental dans une réalité alternative qui n’a pas de lien avec la réalité objective, jusqu’à ce que le rêve se termine, que personnalité et réalité alternatives disparaissent, et que notre personnalité principale se reconnecte à notre réalité.

Beaucoup de choses ont été dites au sujet des rêves, de leur sens et interprétations, mais je ne crois pas que l’on puisse les interpréter. Ils embarquent de l’information, mais elle est encodée d’une manière qui ne fait sens qu’à la personnalité alternative qui vit le rêve. L’information ne fait aucun sens pour notre personnalité principale ou celle d’autres personnes. C’est comme si quelqu’un nous parlait dans un nouveau langage inventé spécialement à chaque rêve, on peut tenter d’interprêter, on peut tenter de deviner et peut être même des fois avoir de la chance et tomber juste… mais généralement on ne comprendra rien du sens parce qu’il n’est pas dans notre langage, et que l’on ne peut pas apprendre à comprendre quelque chose qui change radicalement à chaque fois.

Sous hypnose, les personnalités alternatives utilisent souvent des discours symboliques qui ne font absolument aucun sens pour nous, jusqu’à ce qu’elles expliquent comment ça fait sens pour elles… de manière similaire à comment une personne psychotique peut avoir une explication très personnelle du monde qui l’entoure, que l’on ne peut pas comprendre avec notre logique, mais qui fait sens pour elle et qu’elle est capable d’expliquer.

Ce n’est pas différent pour les personnalités alternatives dans nos rêves.

Ce qu’il est important de bien comprendre est que les rêves, dont nous faisons tous l’expérience, englobent tous les concepts: un ECM qui diffère de notre ECO, une réalité alternative disjointe de notre réalité et de la réalité objective, des personnalités alternatives qui peuvent varier énormément de notre personnalité principale, jusqu’au point que l’on puisse considérer notre expérience du rêve comme celle d’une psychose sans danger.

Cette compréhension est à la base de la compréhension du rêve lucide et de l’hypnose, mais aussi de comment sont créés les traumas, ce qui cause l’hystérie, et comment les médicaments, le rêve lucide ou l’hypnose peuvent les affecter.

Le rêve lucide

Le rêve lucide est un rêve un peu particulier, une sorte de hack si vous préférez, où notre personnalité principale est amenée dans la réalité alternative d’un rêve et lui fait partager l’espace mental avec les personnalités alternatives.

Tout le monde peut faire des rêves lucide mais ça demande de l’entraînement et du conditionnement, d’abord pour pouvoir se souvenir des rêves, et ensuite pour pouvoir mettre en place des déclencheurs qui provoqueront le réveil de la personnalité principale dans la réalité alternative. Certaines personnes le font très simplement, voire naturellement, d’autres auront besoin de longues périodes d’entraînement avant de réussir. Il n’y a pas de recette magique pour provoquer un rêve lucide, seulement des recettes pour augmenter les probabilités d’y arriver.

Quand un rêve lucide est déclenché, notre personnalité principale est réveillée dans une réalité alternative construite par des personnalités secondaires… mais elle est consciente que ce n’est pas sa réalité, et que le corps physique dors à l’extérieur du monde du rêve. Les personnalités alternatives tentent de préserver leur ascendant, et leur réalité, en tentant de faire perdre cette conscience par l’effondrement du rêve courant pour provoquer un réveil, ou en démarrant une nouvelle trame de rêve où nous ne sommes plus conscients. Il existe cependant des techniques simples pour empêcher ces tentatives de réussir.

Lorsque le rêve lucide est stabilisé, quelque chose de très intéressant survient: un canal de communication entre la personnalité principale et les personnalités alternatives se crée, alors que notre personnalité principale contrôle notre personnage dans le rêve mais que tous les autres personnages et éléments de décor sont des constructions subconscientes. Il devient possible de poser des questions aux personnages du rêve concernant nos comportements inconscients et d’obtenir des réponses désinhibées, même si elles entrent en conflit avec nos points de vue et notre réalité.

Dans notre ECO, on ne ressent jamais vraiment la dualité entre nos esprits conscient et inconscients, notre personnalité principale ne communique pas avec les personnalités alternatives. Dans le rêve lucide, cette dualité est omniprésente, on est conscient que ce n’est pas notre réalité et malgré notre degré de contrôle, la plupart des éléments échappent à notre contrôle et entrent en conflit avec nous: des personnages peuvent refuser de nous parler, nous contredire, ou même ramener des souvenirs qui entrent en conflit avec notre réalité, …

Hypnose

L’hypnose est également une forme spéciale de rêve. Elle se déroule pendant notre éveil et des personnalités alternatives sont amenées dans notre réalité, provoquant leur partage de l’espace mental avec notre personnalité principale. C’est très similaire au rêve lucide, dans le sens où finalement notre réalité est remplacée par une réalité alternative où nous percevons des choses inexistantes pour les personnes autour, et où la personnalité principale et les personnalités alternatives sont présentes ensemble et capables de communiquer les unes avec les autres. La différence principale est que l’on développe cette réalité alternative depuis l’état d’éveil, et que les personnes extérieures, telles que l’hypnotiseur, peuvent interagir avec cette réalité alternative.

Là aussi, l’hypnose est accessible à tous mais demande entraînement et adhésion au procédé.

Contrairement à une croyance populaire, il n’est pas nécessaire de croire à l’hypnose ou même croire qu’elle fonctionne sur nous, mais il faut vraiment vouloir qu’elle fonctionne pour ne pas (in)volontairement y résister: pour être hypnotisé, il faut accepter de temporairement abandonner notre réalité et notre personnalité principale. C’est très simple pour certains qui peuvent être hypnotisés en quelques secondes, très dur pour d’autres qui nécessitent des douzaines ou des centaines d’heures pour accepter cet abandon, et contrairement à ce que l’on pourrait penser, la résistance est généralement signe de faiblesses sous-jacentes, comme des traumas ou des peurs, plutôt que le signe d’un fort esprit “cartésien”.

Les techniques en elles-mêmes sont simples à apprendre et lorsque l’on entre en transe somnambulique, il se passe la même chose que dans les rêves lucide: il devient possible pour notre personnalité principale de communiquer avec les personnalités alternatives. Il devient possible de poser des questions et comprendre ce qu’il se passe au niveau subconscient.

L’hypnose est beaucoup plus efficace que le rêve lucide car durant le rêve, nous entrons dans la réalité alternative de nos personnalités alternatives et, si elles arrivent à nous en faire sortir, l’aventure s’arrête jusqu’à la prochaine tentative fructueuse de rêve lucide. Avec l’hypnose, nous faisons entrer les personnalités alternatives dans la réalité de notre personnalité principale, une réalité qu’elles ne peuvent pas interrompre. Si l’on sors de l’état d’hypnose pour une raison ou une autre, il est possible de le ré-induire autant de fois que souhaité.

La suite ?

Cet article visait à donner une vue macroscopique de concepts qui seront récurrents dans cette catégorie, un peu pour mettre tout le monde au même niveau de compréhension, les articles futurs pousseront ces notions plus loin.

Dans mon prochain article de cette catégorie, je présenterai un modèle sur lequel j’ai travaillé et qui décrit une organisation dynamique de l’appareil psychique, prenant en compte ses réorganisations dans les différents états de conscience. J’expliquerai comment je le construit, quelle est la logique et le raisonnement derrière chacun de ses composants, et je l’appliquerai à différents états de conscience pour comparer ce que l’on observe avec ce que le modèle prédit.


Comments: https://github.com/poolpOrg/poolp.org/issues/89